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easyJet, Alexandre Friederich

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"Côté passager, une seule règle : rester assis. Dans son ensemble, le processus s'apparente à une traversée de la mort. Le passager n'a ni rôle ni corps. La compagnie est toute-puissante. Elle vous dépose sur votre lieu de destination. Du travail de postier. En comparaison, le train ou le bus sont des moyens archaïques, inscrits dans l'épaisseur du monde. Conséquence de la perfection, la liberté souffre. Tel est le prix de la sécurité (chez easyJet, avantageux). Le low cost offre ainsi une métaphore sans pareille de nos sociétés. Il invente de nouvelles techniques de conditionnement du passager – comme on parle de conditionnement du poulet."

(...)

Peu après retentit l’annonce pour le vol d’Oviedo. Dans la file, des touristes américaines:

– On m’a dit que les Suisses parlaient le Serbe.

– Ils parlent allemand.

– Ils ne parlent pas anglais? Pourtant sur le ferry...

– Tu as pris le ferry sur le Léman?

– Oui, à Lucerne, près de ce pont. Et le len­demain, à Florence, j’ai vu des peintures. J’aime beaucoup la Suisse.

– Tu as vu celle qui est peinte sur un plafond?

– À Lucerne?

– À Florence.

– Désolée, je ne suis pas douée en géo­graphie.

– Moi non plus, mais là, on va bien en Espagne?''

Vous, je ne sais pas, mais moi ça me fait bien marrer. Et sous l'humour, une sacrée critique de low-cost. Avalé en quelques heures, un petit régal. Punkissime. En 27 jours, l'auteur gagne 17 destinations de la compagnie orange. Dort peu, mais réfléchit néanmoins. Et nous livre le résultat de ses réflexions.

À voir certains commentaires la question n'est pas chaude, mais brûlante (lire en bas de page, vous me direz que le site est orienté, néanmois...).

Un philosophe, ce Friederich. Avec de l'humour, ce qui, vu la rareté, le rend d'autant plus appréciable.

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  • Dernière modification: 2020/10/23 08:19
  • de radeff